On a tendance à embellir
le passé, paraît-il.
Moi, ma période scolaire,
rien ne peut me la faire
passer pour agréable.
J'ai détesté toute la durée
de mon enseignement secondaire.
Voici le bâtiment - les chassis ont changé et la façade a été rafraîchie - au boulevard Clovis, où mes parents m'ont fait gâcher six années de ma jeunesse. Il s'agissait d'un athénée, réservé aux garçons, et où un "Préfet des études"
(= proviseur en France) psychopathe, mégalomane, protégé par la frange la plus rabique de la franc-maçonnerie belge, prenait plaisir à terroriser ses collaborateurs, à humilier les élèves et à imposer des règles de discipline et un code vestimentaire d'un autre âge. Il était en outre, dans le privé, radin, profiteur, mesquin, intolérant et prétentieux. Il s'appelait Georges Van Hout et rien ne peut le faire passer pour un brave homme ni donner envie d'honorer sa mémoire. J'ai toujours aborré le "Pita" - c'était son surnom, peut-être à cause de Pythagore car il était mathématicien de formation - et cela n'a pas changé depuis son décès.
Son second dans ma mésestime vit toujours je pense. Il est passé "Préfet de disicipline" par la suite, un "super-pion" quoi, alors qu'il était romaniste de formation. Pour son malheur, il a été mon professeur de latin au cours des deux dernières années du cursus. J'avais eu d'excellents latinistes comme enseignants avant lui (MM. Rummens et Brancart, que je vénère par contre), j'avais un grand-père paternel professeur de latin et de grec, et en possédais le don moi-même. Je l'ai beaucoup fait souffrir, inconsciemment d'abord, et puis à dessein une fois qu'il m'eût pris en grippe. Issu d'un milieu de mineurs borains, il avait transformé une juste rancoeur prolétarienne, qui recueille ma plus sincère sympathie, en une haine des autres plus chanceux que lui, et en un désir "d'arriver" doublé de goûts petit-bourgeois caricaturaux. Vive l'enseignement!
Heureusement, l'Athénée Adolphe Max, ce furent aussi des rencontres.
Jean Rummens, mon vénéré professeur de grec, l'homme le plus cultivé que j'aie rencontré de toute ma vie, qui devint plus tard mon patient. Je lui dois beaucoup. Henri Van Oyen, notre professeur de chimie, très exigeant mais formidable pédagogue. MM. Chif (orthographe confirmée par mon frère) et Brancart ... peut-être quelques autres encore. C'est là aussi que ma vie a croisé un couple fantastique: Paulette et Joseph Verdeyen, de la génération de mes parents mais devenus des amis indéfectibles.
Parmi les élèves, ce furent les trois frères Domb bien sûr, mais nous étions amis avant que d'être condisciples. Ce furent aussi les William et Bertrand de ce blog. Ce fut Claude Kolinski, décédé depuis, le premier trotskiste que j'aie rencontré; également amateur de David Bowie (contradiction). Ce fut Marc Vandenplas, perdu de vue mais que je retrouverais avec plaisir. Il faisait TOUT mieux que moi et avait également un plus long zizi à l'époque où cela compte beaucoup. Nous n'en étions pas moins amis.
Fast food, living nostalgia
Humble pie or bitter fruit
I am a D.J., I am what I play
Can't turn around no,
can't turn around no, ooh
On en reste là. C'est en me rendant de chez un client à un autre que nous sommes passés, Christine et moi, devant l'établissement. En face, une école primaire s'est ouverte à présent. Des militaires montent la garde devant la porte: le quartier, de forte population allochtone désormais, est devenu "sensible".
"Allah Wou Akbar" plutôt que "Sortez vos buvards", en quelque sorte.
DOMAINE DE LA COUME MAJOU

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Thierry Charlier (samedi, 07 février 2015 11:42)
Roger Chif, qui vénérait son anagramme Cher Frigo
Luc Charlier (samedi, 07 février 2015 12:45)
Merci de ces précisions, frérot. Je ne l'ai jamais eu qu'en "morale laïque" et n'étais pas au courant de cette particularité amusante.Toi, il a aussi tenté de t'enseigner le français !
Eric Maury (mardi, 25 mai 2021 16:21)
Jean Rummens un Dieu grec et romain , un professeur de légendes , animateur du club d'Echecs et spécialiste des "brutes épaisses", un homme dont tout le monde se suvient avec nostalgie et respect !
Je passe sur ce blog suite à l'annonce du décès de professeur de chimie un peu Docteur Follamour Henri Van Oyen qui était très exigeant mais aussi très juste.
En plus, vous produisez du vin une de mes passions surtout les vins du Rousillon comme les Maury sec.
Pour info, Berger a succédé à Van Hout, franc maçon comme lui et n'était pas beaucoup mieux, bulletin spécial pour un bisou sur la joue d'une fille de Jacqmain à la porte de séparation au fond du préau!
Salutations à vous.
VAN WIN JEAN (lundi, 18 août 2025 11:39)
Je n'ai jamais rien lu de plus faux, de plus inexact,de plus erroné, de plus idiotement méchant que ce texte. Pytha n'était pas le surnom de Georges Van Hout, mais bien celui de son prédécesseur en 1952. Celui-là était une grande gueule, dont le fils, en gréco-latines comme moi, , fut surnommé Pythachon. Il fut rayé de l'Ordre des Notaires plus tard..
Je pourrais prolonger mes commentaires, car la série des mensonges continue à propos d'à peu près tout le corps enseignant. Georges Van Hout fit une carrière remarquable qu'il ne dut qu'à sa propre écrasante supériorité. Il me donna des cours de maths en privé, car je provenais d'un collège de Jésuites. Il m'enseigna aussi la symbolique chez Breughel l'Ancien et Jérôme Bosch, et fut mon parrain au Grand Orient. De même que Roger Chif, le parfait gentleman. Sans oublier Pol Anrieu et Pol Rolland.
J'ai dit, mais n'en pense pas moins, car ce texte est fort révoltant, et je m’indigne, du haut de mes 90 ans !!
plasman (lundi, 20 avril 2026 19:08)
Commentaire de fin inapproprié
Quant à Van Hout on s'est forgé notre personnalité de rebelle en s'opposant à lui, en pleine période de révolte lycéenne : gréve, Comités Vietnam, flirts avec les voisine du Lycée Carter...Quelques-uns d'entre nous renvoyés vers Morlanwelz, Woluwe... Exclus les Geluck, Vogel, Delepierre...